samedi 29 novembre 2014

Le Réseau francophone des bibliothèques nationales numériques, une idée de M. Abdou Diouf !



Le Réseau francophone numérique (RFN) — qui a été créé sous le nom de Réseau francophone des bibliothèques nationales numériques (RFBNN) — a pour mission de favoriser la numérisation de documents patrimoniaux francophones et de faciliter leur consultation en ligne.

L’idée de créer pareil réseau revient à M. Abdou Diouf, l’actuel secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). « M. Diouf croyait fermement que la Francophonie devait s’investir dans le numérique et qu’il fallait aider les établissements, comme les bibliothèques nationales, à faire ce passage », raconte Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada à Bibliothèque et Archives Canada (BAC). M. Berthiaume a été le secrétaire général du RFN de 2010 à 2014, au moment où il était le président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

À sa création, en 2006, le RFBNN compte six membres, soit les bibliothèques nationales de la Belgique, du Canada, de la France, du Luxembourg, du Québec et de la Suisse. Se joint à ce premier groupe, quelques mois plus tard, la Bibliothèque d’Alexandrie. En 2010, le RFBNN prend le nom de RFN et s’ouvre à tous les établissements documentaires patrimoniaux de la Francophonie qui désirent y adhérer. Aujourd’hui, le RFN compte 24 établissements membres provenant de 17 pays membres de l’OIF. Outre le Canada, le Québec et les pays francophones en Europe, les établissements membres proviennent des pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Cambodge, Côte d’Ivoire, Égypte, Haïti, Madagascar, Mali, Maroc, Sénégal, Tunisie et Vietnam. L’actuel secrétaire général du RFN est M. Driss Khrouz, le directeur de la Bibliothèque nationale du royaume du Maroc.

Entend-on à l’avenir élargir le réseau et augmenter le nombre des membres ? « Pour le moment, il n’y a pas de logique qui nous mènerait à vouloir multiplier les établissements membres, précise Guy Berthiaume. Nous sommes toujours ouverts à de nouvelles candidatures. Mais je crois que, avec nos membres actuels, nous avons réussi à fédérer l’ensemble des organisations documentaires patrimoniales francophones. Notre objectif est plutôt de resserrer la collaboration entre nos membres. »

D’abord former

« La première mission qu’on s’est donnée fut d’organiser des missions de formation en numérique et en techniques de numérisation, poursuit-il. Ces missions de formation ont été dispensées par les bibliothèques nationales des pays développés, notamment la Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque nationale du Québec, vers les bibliothèques et archives nationales des pays en voie de développement. Ces formations se font sur place avec le personnel en poste dans les bibliothèques et les archives nationales des pays qui reçoivent ces formations. Avant de faire fonctionner un réseau numérique comme celui qu’on voulait mettre en place avec le RFN, il fallait commencer par s’assurer que tous les établissements aient les outils nécessaires pour mettre en place un projet de numérisation de documents. Il est évident que le numérique est moins présent dans les établissements des pays en voie de développement qu’il ne l’est dans les pays développés, comme la France et le Québec. »

La seconde mission fut de créer un portail Internet qui servirait d’outil de regroupement. Ce mandat fut confié à BAnQ et la première version a vu le jour en 2008. Une refonte du site a suivi quelques années plus tard. L’adresse du site est www.rfnum.org. « BAnQ a conçu le site Internet et l’héberge dans un de ses serveurs. Mais le site Internet ne contient pas les documents. Ceux-ci sont logés dans les serveurs des établissements nationaux où ils se trouvent. Lorsqu’on clique sur un document disponible dans le site du RFN, on est automatiquement redirigé vers le site de l’établissement où loge le document. Ainsi, un document provenant de la Tunisie amène les internautes à la Bibliothèque nationale de la Tunisie. »

Comment ça fonctionne

Ce sont les établissements membres qui choisissent les documents qui seront numérisés et ensuite déposés dans le réseau. « Nous avons un comité de pilotage qui s’assure que les documents soumis sont conformes à nos attentes. Ce sont tous des documents patrimoniaux qui ont une valeur historique. Ce qui explique que la très grande majorité des documents déposés auprès du RFN sont d’anciennes éditions de journaux et de revues. C’est d’ailleurs ce que nous avaient demandé bon nombre d’historiens et de généalogistes qui se servent de ces documents pour leurs travaux. » On trouve aussi des livres, des documents d’archives, des images, de l’audiovisuel ainsi que des plans et des cartes.

La numérisation des documents est aux frais des établissements membres. « Et les établissements membres ne déposent pas dans le RFN tous les documents qu’ils ont numérisés, mais seulement ceux qu’ils jugent pertinents. » Le RFN reçoit un soutien financier de l’OIF pour acquitter les frais de sa réunion annuelle et aussi les frais de déplacement des formateurs.


Le comité de pilotage du RFN, auquel siège l’actuelle présidente-directrice générale de BAnQ, Mme Christiane Barbe, proposera prochainement un nouveau plan triennal. « La formation demeure encore notre fer de lance, souligne Guy Berthiaume. Mais nous voulons aussi augmenter le nombre des documents déposés, particulièrement les documents audiovisuels. Mais, sans doute, un de nos nouveaux défis sera de travailler en plus étroite collaboration avec les États, afin de les convaincre d’investir davantage dans la numérisation des documents patrimoniaux de leurs établissements respectifs. C’est pour nous très important, parce que ce qui est numérisé, c’est la mémoire de ces pays. Par exemple, si on avait pu intervenir en Haïti avant le séisme, de nombreux documents n’auraient pas été perdus à tout jamais. »

Source: Le Devoir

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