samedi 10 décembre 2016

Microsoft et L’Afrique : le digital pour une pleine croissance.


 L’Afrique est dans une belle dynamique en ce qui concerne l’usage des nouvelles technologies. Depuis les années 1990 où l’on observa une réelle démocratisation des équipements informatiques et d’internet, aujourd’hui le continent est dans une phase majeure de son usage de toutes ces technologies pour favoriser son développement. Même si elle est en marge de la conception globale de ces technologies, le continent demeure un utilisateur assidu. Seulement, en ce siècle numérique, si la transformation digitale de l’Afrique veut être réellement acquise, il est évident que certains freins devront être levés afin d’avoir dans le long terme un résultat optimal qui peut impulser la croissance du continent. Car même si la transformation est technologique, elle est également humaine.

Quels sont les enjeux de la croissance des technologies en Afrique ?

Malgré un contexte mitigé, le digital joue aujourd’hui un rôle majeur pour la transformation numérique du continent. Il comporte de multiples enjeux qui peuvent impacter de manière positive le continent africain. Tout d’abord, il faut savoir que les nouvelles technologies s’adaptent à tous les secteurs d’activités en Afrique. Que cela soit l’industrie, la finance, la santé, l’agriculture, l’éducation, l’hôtellerie, le tourisme, le secteur des énergies renouvelables, etc. Tous ces secteurs d’activités bénéficient de l’apport de ces nouvelles technologies.

     - L’enjeu économique :

Grâce à la croissance des nouvelles technologies, aujourd’hui les entreprises africaines gagnent en compétitivité, deviennent performantes et surtout développent une nouvelle gamme de services qui répondent aux besoins de la population africaine et changent les habitudes de consommation. Par exemple, la croissance du mobile en Afrique, environ 67 millions de smartphones, mène le continent vers une condition « mobile first » avec des problématiques comme le mobile-banking à laquelle des startups africaines apportent déjà des solutions. On peut citer, We cash up au Cameroun, Paydunya au Sénégal, la success-story M-pesa au Kenya, etc. En plus, pour les entreprises, un marché international s’ouvre désormais à elles et leur permet de réaliser plus de business. Et donc cette transformation des entreprises africaines au rythme du digital permettra non seulement de satisfaire les attentes du public africain, mais également de faire émerger des leviers de croissance dans le but d’atteindre une meilleure rentabilité dans un contexte régional et international. D’autre part, le digital permettrait au continent d’avoir de meilleurs placements sur les marchés financiers.

     - Un enjeu socio-éducatif

La croissance des technologies en Afrique comble des objectifs éducatifs, culturels et sociaux. Aujourd’hui, l’éducation est totalement démocratisée, car internet et les technologies associées ont permis cet accès à l’information. Des plateformes et initiatives se créent et permettent aux jeunes africains d’apprendre et de gagner de nouvelles compétences. C’est d’ailleurs l’exemple de la future bibliothèque numérique de Tambacounda – une région du Sénégal — ou encore Myskills4Africa lancé par Microsoft et qui utilise la technologie du 21e siècle pour donner également à ses volontaires la possibilité d’aider de n’importe où dans le monde. On peut également citer des plateformes comme Ecoles au Sénégal qui disposent d'un ensemble de cours suivant le programme éducatif sénégalais.
En fait, la transformation digitale du continent est plus qu’humaine que technologique, car l’humain est au centre de cette transformation. D’où toute l’importance que ce dernier soit formé et dispose des compétences nécessaires pour apporter son potentiel à cet écosystème digital africain. En cela, les nouvelles technologies aident à promouvoir la naissance de diverses plateformes et à fournir un contenu innovant et ciblé pour les Africains permettant ainsi de pallier le gap de compétences sur le continent. La formation est alors très importante.
C’est grâce au gain de ces compétences que les jeunes Africains pourraient créer les solutions innovantes de demain et que les entreprises pourraient renforcer leur compétitivité, faire du business tout en créant des emplois.

      - Un enjeu collaboratif

Sur le continent, l’usage d’internet et de multiples technologies du numérique est en pleine révolution. Rien qu’au Sénégal, on dénombre 8 143 086 internautes sur une pénétration du mobile, selon l’ARTP (Agence de Régulation des Télévisions et des Postes) de 116,71 % en juin 2016. Et avec l’accélération de l’utilisation des réseaux sociaux, dont Facebook qui compte en Afrique, au mois de septembre 2016 148.215.000 utilisateurs : les frontières sont mises à nu. En effet, l’émergence des réseaux sociaux, le boom de l’utilisation du mobile et l’adaptation des technologies au marché local font que l’échange d’information devient fluide. Cela favorise le travail collaboratif entre des millions de personnes dans le monde.
Seulement, même si aujourd’hui les enjeux des technologies numériques demeurent importants pour le continent, les problématiques à surpasser pour un écosystème digital africain épanoui subsistent.

Les freins de la digitalisation en Afrique

La transformation digitale du continent est déjà en cours. De multiples solutions innovantes sont mises sur pied grâce aux technologies numériques. Mais comme toute aventure, il arrive que des obstacles soient au rendez-vous. Et ces derniers ralentissent la dynamique engagée sur le continent. Dans une Afrique qui constitue la deuxième région la plus dynamique du monde en termes de croissance derrière l’Asie et à égalité avec le Moyen-Orient selon le cabinet Deloitte SAS, il faut lever ces obstacles.


     - La peur du changement

Comme dit un peu plus haut, la transformation digitale repose sur l’humain. Pour les entreprises, la peur du changement provoque souvent le ralentissement de leur propre transformation numérique. En réalité, les collaborateurs et autres employés de l’entreprise doivent eux même devenir acteurs de ce changement. Même si le changement est une manière de faire les choses beaucoup mieux avec une plus grande efficacité, il faudra toujours participer à la prise de conscience des décideurs dans les entreprises. Cela permettra de disperser les craintes nourries face au numérique. Le but étant de permettre à l’entreprise d’être acteur de sa transformation et non de la subir. Ainsi, il faudra participer de prime abord à une prise de conscience interne avant de penser les diverses mutations à effectuer.

     - Le manque de compétences

Si l'on veut se transformer, il faudra s’adapter. Il faut alors accepter l’appropriation des technologies numériques, leur compréhension et leur utilisation. Il sera alors impératif de comprendre leur prise en main pour appliquer leur fonctionnalité au métier. Il sera ainsi obligatoire d’aller vers la formation. Cette dernière pourra faciliter l’acquisition des compétences pour les collaborateurs et dans une vision plus grande, elle permettra aux entreprises et institutions africaines de pouvoir accélérer leur digitalisation. De même, la formation permettra de nourrir l’ambition d’embrasser cette transformation digitale.

     - La faible connectivité à internet

En plus du facteur humain qui constitue un obstacle majeur, il y a également la faible connectivité à internet qui demeure un problème de taille. En Afrique, le taux de pénétration d’internet est de 16%, ce qui est assez faible. Même si au Sénégal ce taux de pénétration était de 60,28% en juin 2016 selon le rapport de l’ARTP de Juin 2016. Cette disparité se justifie sans doute dans le déploiement des infrastructures TIC dans les pays. Il faudra alors que les états, les partenaires et les opérateurs télécoms créent les conditions idoines pour faciliter la pénétration d’internet et l’usage des technologies. Il faudra aussi impulser des changements institutionnels au niveau du secteur public. Ce dernier aspect permettrait de favoriser l’e-gouvernement sur le continent. Selon le dernier rapport UN E-Government Survey 2016, l’Afrique se place à la 75e place mondiale sur 193 pays grâce à la Tunisie.

Myskill4Afrika : une alternative pour impulser la transformation digitale en Afrique

Microsoft fait des affaires en Afrique depuis 1993 et ​​compte actuellement 22 bureaux dans 19 villes réparties dans 14 pays sur 54 sur le continent africain. Ce géant de la technologie du 21e siècle développe une plateforme éducative autonome et de calibre mondial pour aider les partenaires, les PME et les gouvernements à développer des compétences pour l’entrepreneuriat, l’amélioration de l’employabilité et la compétitivité. Dans ce cadre, MySkill4Afrika (Mes talents pour l’Afrique) est un projet qui permet aux employés de Microsoft du monde entier d’investir leur temps, leur talent et leur expertise dans le support d’un large éventail d’organisations et de particuliers à travers l’Afrique.
Lancé en décembre 2013, le programme MySkill4Afrika a réussi à envoyer plus de 300 employés de Microsoft en tant que bénévoles pour une ou deux semaines en Afrique. Ces volontaires ont aidé quelque 250 organisations et entreprises différentes dans 22 pays, soutenant et aidant environ 15 000 Africains. Mais ce programme c’est également un moyen d’encourager certaines technologies comme le Cloud Cumputing et d’anticiper son usage ô combien important en Afrique.
En réalité, cette technologie qui permet de « stocker sur des serveurs à distance des données et traitements informatiques traditionnellement localisés sur des serveurs locaux ou sur le poste de l’utilisateur » pourrait avoir un gros impact d’ici quelques années pour tous les internautes africains. Cette technologie peut encourager un accès à tous les données et services sur n’importe quel terminal et en toute sécurité. D’ailleurs, le programme envisage également le cofinancement de projets ambitieux sur le cloud-computing en Afrique.



MySkill4Africa ou comment les entreprises doivent intégrer le digital marketing

Le programme est géré par l’initiative Microsoft 4Afrika qui se compose de personnes de diverses filiales de Microsoft en Afrique et qui ont un intérêt commun à accélérer le développement économique de l’Afrique et la croissance de son économie du savoir pour aider le continent à devenir un acteur précieux dans la chaîne d’approvisionnement mondiale des biens et des services utilisant une main-d’œuvre hautement qualifiée.
D’ailleurs, toutes les organisations peuvent demander l’aide du programme MySkills4Afrika via leur filiale locale Microsoft et/ou partenaire. Dans ce contexte, le mardi 8 novembre à Dakar au Sénégal, une séance de formation animée par Blandine Rageade, Account Manager pour Microsoft Search Advertising a eu lieu à l’hôtel Novotel. Une autre mission pour MySkill4Afrika de former en tout 26 partenaires, dont 12 en webinaires. Une opportunité de leur faire comprendre les enjeux du marketing digital, mais également de leur faire assimiler certaines solutions comme le cloud computing et ses avantages pour le continent.
Parmi les 200 employés recrutés en tant que « bénévoles virtuels » pour MySkill4Afrika, principalement dans le rôle de coaching et de tutorat pour la jeunesse africaine ou même des start-ups et les petites et moyennes entreprises (PME) et les bénévoles rattachés à Microsoft, il faudra également désormais compter sur les agences marketing digital partenaires Afrique Communication et Senmarketing.  À la suite de la formation, ces deux agences sont devenues des tops partenaires pour le programme MySkill4Africa et se chargeront entre autres du suivi des formations dispensées aux 26 partenaires.


La transformation digitale africaine comporte de gros enjeux pour le continent qui à travers une réelle dynamique est aujourd’hui en train de faire les efforts nécessaires dans le monde du digital. De belles initiatives émergent un peu partout pour exploiter ce puits d’opportunités qu’est le digital, mais également pour anticiper le déploiement de technologies du futur comme le cloud computing. Il faudra surtout réunir les conditions optimales afin que les disparités s’amenuisent et que la croissance prenne son envol. 

Un article de Mamadou Mactar 

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